La voie du milieu 1 2 3 (suivante)

Je me pose encore la même question, comment vais-je continuer cette autobiographie ? Comment dois-je révéler ce qui m’est arrivé ensuite dans ma vie spirituelle ? Quand je revins à Chypre, je dus retourner à Londres environ tous les deux mois pendant six mois pour terminer mon cours. Par la même occasion, j’allais souvent visiter Paris. Pourquoi Paris ? Parce que les affaires de mon mari l’amenaient à y séjourner régulièrement ; et puis surtout, j’y avais de très bons amis. Ainsi, je préférai rejoindre mon mari à Paris, au lieu de nous retrouver à Londres ; c’était bien pratique et cela me changeait un peu. Il y aurait beaucoup à dire sur le contraste entre le style de vie que je connaissais à Paris pendant ces brèves visites et celui que je devais endurer à Londres pendant ma formation. A Paris, tout était pur luxe et sophistication, comparé aux situations difficiles et pénibles que je rencontrais à Londres. Mais, j’avais quand même la chance d’être toute seule à Londres, sans famille pour me « distraire » de mon « travail intérieur »; je disposais de tout mon temps pour chercher, analyser, découvrir et expérimenter ce qui, peu à peu, émergeait des recoins les plus profonds de mon subconscient. D’un côté, j’essayais de renforcer mon ego et de l’autre, je m’interrogeais sur le bien fondé d’une telle méthode. A quoi cette démarche pouvait-elle aboutir ? Est-ce vraiment mon ego ou mon Ame, que j’essayais de renforcer ? En rêve, je reçus intuitivement les réponses qui me soufflaient que tout n’était pas encore en harmonie. Je devais persévérer dans ma démarche pour intégrer et synthétiser les impulsions spirituelles et les intuitions que j’avais reçues grâce à mon cours de psychosynthèse. De plus, je savais qu’une approche psychologique devait s’enraciner dans ma Quête spirituelle intérieure. Je devais ancrer ces deux approches différentes et trouver un moyen de les fusionner et de les harmoniser. Ceci fut la meilleure manière de me guérir en libérant les énergies subconscientes piégées en moi. Ainsi, je trouvais que mon cours de psychosynthèse était vraiment en train de m’aider à me voir sous une perspective différente…Cette « nouvelle voie » émergea, dans ma démarche, comme un Témoin silencieux venant du centre de la conscience... Je devenais l’observateur silencieux de moi-même... et par cette incroyable transformation, un pont éthérique subtil commença à relier ces deux énergies opposées à l’intérieur de moi-même, élevant ma conscience vers des hauteurs nouvelles. Rétrospectivement, ce pont « intérieur » fut le lien qui me permit de grandir...

Alice

Cependant, je sus intuitivement que je devais d’abord trouver la « Voie du Milieu », une méthode pratique et personnelle qui m’indiquait la manière de fusionner, dans mon être, les deux pôles extrêmes des énergies de l’ego et de celles de l’âme. En les synthétisant et de les unissant en quelque chose de « neuf », l’ego se transforme en un véhicule pur et vide où l’Ame peut y déverser Son Essence. Cependant, je découvrais, plus tard, qu’en s’étant « vidé » de ses propres représentations, l’ego se transmuait en un véhicule de pur Eveil et de pure « Conscience ». Oui ! Mon ego commençait juste à devenir un médium pour l’Ame. C’est ainsi que je découvris la « Voie du Milieu », l’ego est une FONCTION de l’Esprit, ce qui signifiait que la lumière de la conscience n’était plus piégée dans un véhicule sombre et opaque, mais avait commencé à briller à travers un véhicule purifié et plus clair. Progressivement, dans cette vacuité « purifiée » de l’ego, une présence commence à émerger. Mais ceci est une autre histoire... D’abord, cette Présence silencieuse m’apparaissait généralement alors que je méditais et contemplais l’une ou l’autre de ces énergies extrêmes. Bientôt, je pris conscience qu’en faisant face à ma propre souffrance et en acceptant ce que je voyais en moi, cela m’aidait à libérer un aspect plus élevé de l’Etre.

Mais mes rêves n’étaient pas encore accomplis ! Sans entrer dans les détails de mon cours de psychosynthèse, ce qui serait hors de propos ici, je voudrais quand même souligner que ce fut un cours intensif et très efficace car nous restions focalisés sur nos propres idéaux, qui nous servaient de repères. Je voudrais juste dire que j’ai dû apprendre à côtoyer les douleurs de mon enfance, mes peurs cachées et les façons dont je fus souvent négligée et peu considérée par mes parents et mes professeurs... et le retour à la surface de ces sentiments ouvrit en moi une brèche profonde. Je ne pouvais pas m’arrêter en cours de route, et il était hors de question d’interrompre cette dynamique maintenant... Mes yeux et ma conscience s’étaient soudain ouverts et je me voyais telle que j’étais face au miroir de mon propre subconscient, comme si c’était la première fois. A Athènes, Raymond avait invisiblement coupé « le cordon ombilical », me libérant de mon statut de « néophyte » ; ainsi, mon intuition accédait un niveau supérieur et je devenais un véritable SERVITEUR... Je dus apprendre à ouvrir mon coeur, à « déverrouiller » les portes et à faire tomber les « masques » derrière lesquels s’abritaient mes peurs et ma vulnérabilité. Je devais me jeter à l’eau et plonger la tête la première dans les méandres complexes et les vagues de ma psyché... Un quelconque élément pouvait-il me venir en aide ? Y avait-il beaucoup à lâcher et à abandonner ? Avais-je perdu 16 ans de ma vie à étudier la spiritualité et l’ésotérisme ? Non ! pas du tout... je savais que, et cela était une chance, grâce aux expériences mystiques vécues pendant mon enfance et à mes études rosicruciennes, j’avais progressé, mais j’étais toujours « en-dehors » de ce monde ; ce cours de psychosynthèse concernait mon « retour au monde » et représentait pour moi les fonts baptismaux annonçant ma renaissance... Je dois ajouter que je dû garder pour moi mes connaissances mystiques et les expériences de mon enfance... ne pouvant pas en parler en toute transparence, car elles étaient en dehors du contexte de ce cours et n’auraient pas été du goût des organisateurs... Aussi, il était évident qu’évoluer dans une telle ambiance psychologique, aurait pu changer ou modifier les objectifs et idéaux qui étaient les miens. Pendant ces trois années et demi, j’ai été tournée en ridicule et on se moquait de moi; parfois, j’ai été agressée verbalement, mais même si tout cela me faisait très mal, ma détermination restait intacte.



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